bac blanc de français : commentaires
Article mis en ligne le 18 mars 2015
Imprimer logo imprimer imprimer en pdf

Baccalauréat Blanc de Français : EAF : Ecrit : Bilan de correction :

Le samedi 14 Février, les professeurs des lycées Augagneur et Charlemagne ont proposé à leurs élèves des séries ES / L / S, un sujet qui permettait de réfléchir sur l’objet d’étude : POESIE ET QUETE DE SENS. Trois poèmes, le premier « A Fanny » d’André Chénier, le second « Causerie » tiré du recueil Les Fleurs du mal de Baudelaire et le troisième d’Aragon, « Le rendez-vous perpétuel » permettaient de répondre à la problématique suivante : La poésie est-elle vouée à l’expression des sentiments ? Petit clin d’œil des professeurs aux élèves qui s’apprêtaient à fêter la Saint-Valentin ce jour-là !
Quelques remarques d’ensemble sur la présentation de la copie : Attention ! Elles seront scannées en Juin ! L’examinateur, qui ne sera évidemment pas le professeur que les élèves ont eu dans l’année, verra apparaître la copie sur l’écran de son ordinateur. Les élèves doivent mettre toutes les chances de leur côté en proposant un travail :

  • propre : les copies sont souvent raturées, l’effaceur est mal utilisé, parfois il fait disparaître les mots du verso. UTILISER UN BROUILLON !
  • « aéré » : sur les copies à petits carreaux, il faut sauter une interligne. BIEN REVENIR A LA MARGE DES LA DEUXIEME LIGNE (NB : alinéa à la première ligne, si vous commencez un paragraphe !), sinon vos textes sont « boudinés » ! SAUTER DEUX OU TROIS INTERLIGNES QUAND IL LE FAUT (entre intro et première partie par exemple), « DETACHER » la phrase-chapeau d’introduction à la partie….
  • lisible : beaucoup trop d’élèves ont été sanctionnés car leur écriture « patte-de-mouche » était indéchiffrable. ECRIRE PLUS GROS A L’ENCRE NOIRE OU BLEU FONCE, BIEN FORMER LES LETTRES ! Attention : sous le bandeau de l’anonymat, il faut préciser la série (ES /L/S°) et la sous-épreuve : par exemple « dissertation ».

I- QUESTION SUR LE CORPUS
Les copies correspondent globalement aux attentes de l’exercice.
Néanmoins, l’analyse demeure trop souvent superficielle, les procédés, s’ils sont relevés se révèlent insuffisamment expliqués. Parfois, il s’agit d’un "catalogue" montrant des connaissances mais perdant la question de vue car les figures de style ou autres ne sont pas reliées à l’expression de la joie ou de la souffrance qu’elles doivent dénoter. Il était indispensable aussi de préciser les causes des sentiments ressentis et exprimés : par exemple souffrance due à l’absence de la femme aimée, à sa cruauté, etc... (On devait alors citer les champs lexicaux significatifs, figures de style le montrant, modalités de phrases, tonalités, registres...)
Quelques copies présentent un travail bien trop court, constitué parfois d’une succession de remarques plus ou moins liées mais trop souvent non organisées en un plan cohérent.
Quelques autres montrent un travail déséquilibré : nombreuses remarques concernant l’expression de la souffrance (effectivement, la matière le permettait !) mais presque rien sur la joie…
Il est souhaitable de situer, en introduction, les auteurs dans leur époque (omission fréquente). Ne pas nommer un auteur par son prénom seulement ! (ils ne sont pas nos amis intimes !) Dire donc André Chénier, ou éventuellement "dans le poème de Chénier" mais pas dans celui d’André" (plusieurs auteurs connus d’ailleurs portent ce prénom !)
Tous les candidats doivent impérativement prendre le temps de se relire pour toiletter l’orthographe (les erreurs de pluriel aux noms ne sont plus admissibles !!!) et éviter les trop nombreuses répétitions, tout comme les phrases maladroitement construites dont le sens reste parfois très obscur !...Attention à l’annonce de la problématique : ne confondez pas style direct et indirect !
Si vous vous référez à deux vers, merci de les citer en allant systématiquement à la ligne, donc en respectant la disposition initiale du poème… Sinon, séparez les vers par le signe « / ».
Rappel (pour quelques uns seulement) : il faut souligner les titres de recueils.

II- COMMENTAIRES
Les copies n’ayant pas obtenu une note supérieure à la moyenne manifestent pour la plupart toutes un plan menant à séparer le fond (ce qui est dit) de la forme (comment le poète l’a exprimé). De trop longs paragraphes sont consacrés à la versification de façon théorique, correspondant davantage à un étalage de connaissances (plus ou moins justes) qu’à une réelle analyse du texte. Souvent, les citations ne montrent rien, ou dénotent de façon très artificielle ou trop générale le lyrisme, le texte n’étant pas analysé en profondeur. Quelquefois, des figures de style sont citées à bon escient, mais longuement définies ("il y a une métaphore qui consiste à rapprocher deux réalités...") ce qui n’a rien à faire dans un devoir, et surtout pas expliquées, pas analysées précisément dans le cas du poème en présence ! En d’autres termes, l’accumulation de remarques très techniques qui ne permettent pas de dégager du sens, ne sert à rien ! Ne pas s’attarder par exemple à cataloguer les rimes (croisées, embrassées….) si vous ne l’exploitez pas du point de vue du sens.
Des digressions malvenues : trop longue explication sur l’origine du mot lyrisme, la lyre d’Orphée, le personnage allant chercher son épouse défunte, et comment elle est morte, mordue par un serpent, et comment il a charmé Cerbère, etc, etc !... Quelques mots sur la Pléiade, mais mal à propos et montrant que le candidat en a une idée floue, voire erronée... N’évoquer que ce qui se rapporte directement au poème, ce qui peut en éclairer l’interprétation ; il est suffisamment riche pour ne pas se perdre en inutiles bavardages !
Détail de la césure des mots en fin de ligne : entre deux syllabes ou entre les deux consonnes quand il s’agit de la même.
Les signes mathématiques (+ pour signaler une coordination ; flèche pour indiquer une conséquence), comme les nombres écrits en chiffres sont proscrits ! On rédige TOUT dans un devoir de français même lorsqu’on est en S) !
Quelques devoirs bien trop courts...
Le plus fréquemment, pas de sous-parties dans les grands axes.
Il fallait faire ressortir le caractère mystérieux de ce « dialogue », de cette « causerie » : qui était cet interlocuteur qui ne pouvait répondre au poète ? Une femme, des femmes, lui-même, son double ? Insister aussi sur le fait que le mal d’aimer est une torture à laquelle le poète cède, que la douleur génère l’extase de la création poétique…..Une « Fleur » du « Mal » en somme….Certains se sont contentés de plan un peu attendus, guidés certes par la question, 1- La joie 2- la souffrance.

III- ECRITS D’INVENTION
Les réponses à l’éditeur, quand elles prennent la forme d’une lettre, n’en respectent pas toutes les caractéristiques : date et lieu omis, souvent la signature aussi...
Ceux qui ont voulu versifier perdent en qualité, densité argumentative . Globalement, il y a peu d’arguments pour se défendre et rarement des exemples. Beaucoup rédigent des lettres qui accumulent banalités et poncifs sans plan. On ajoute, on se répète, pour en arriver à une quantité de lignes raisonnable
C’est souvent terne. Peu d’originalité. Le style est incorrect (le comble pour un prétendu poète !). Certains écrits d’invention sont criblés de fautes d’orthographe lexicale et grammaticale indignes d’un élève de première. Il faut conjuguer correctement, ponctuer, alléger la syntaxe ! Si vous choisissez ce sujet, faites un « travail d’écriture » (5 procédés de style au moins attendus !)et là encore, un plan au brouillon, pour faire progresser votre argumentation. Nous avons remarqué en vous surveillant que certains écrivaient directement sur la copie sans jamais utiliser les feuilles de brouillon en couleur…..Incroyable !

IV- DISSERTATIONS
Quelques copies assez réussies bien argumentées et structurées ; Mais souvent des idées qui paraissent intéressantes au premier abord mais ne sont pas illustrées d’exemples ; trop général, trop superficiel...
Les citations qui viennent à l’appui de la démonstration sont le plus souvent trop générales, pas suffisamment expliquées, ciblées. (Exemple : "la poésie est un genre qui permet aux poètes d’exprimer leurs sentiments comme pour Victor Hugo." dans quel recueil ?? Quel poème ?? Quelles circonstances ??? Trois candidats donnent l’impression de réciter des plans d’annales appris par cœur exemples compris ( !), qui sont toutefois maladroitement cités...
Attention : dans certaines copies, les candidats se contentent de passer en revue poètes et mouvements littéraires de l’Antiquité à nos jours. Autrement dit, ils ont confondu deux exercices : l’exposé et la dissertation ! Cette dernière demande de « dérouler » un raisonnement. Ici, il fallait s’interroger sur la fonction de la poésie : à quoi sert-elle ? simplement à exprimer des sentiments intimes (poète lyrique), ou à autre chose : jouer avec les mots (poète « artisan »), dénoncer (poète engagé), « dévoiler le monde » (poète « voyant »), créer une belle œuvre, esthétique (poète de « l’art pour l’art ») ?

La moyenne générale des copies (106) toutes confondues se situe autour de 09….C’est un peu décevant mais ce n’est pas catastrophique. Les élèves doivent tenir compte des remarques faites et des conseils prodigués. Trois mois encore pour travailler, encore un DS de 4H sur le roman et la préparation du deuxième oral blanc. Courage ! Plongez-vous dans la littérature, lisez et mémorisez les textes que vous aimez, poétiques notamment. Et n’oubliez pas que la semaine prochaine, nous allons célébrer le Printemps des poètes !

Pointe-Noire, le 17 Mars 2015, les professeurs de Charlemagne et Augagneur.

Forum
Répondre à cet article




RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2013 © Lycée Français Charlemagne - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.78.4
Hébergeur : OFIS