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Wilfrid Lupano, l’homme aux mille et une histoires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Lucie Servin   
31-01-2015
Jeudi, 29 Janvier, 2015
L'Humanité
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Avec deux albums en compétition au rendez-vous de bande dessinée d’Angoulême, "les Vieux Fourneaux" (prix des libraires de BD 2014 ) 
et "Un océan d’amour" (prix BD Fnac 2015), Wilfrid Lupano s’impose en maître dans l’art du scénario. Rencontre.

L’allure discrète, les yeux pétillants, Wilfrid Lupano est habité par la magie du verbe. Un esprit en effervescence qui nous émerveille d’emblée par le collier d’anecdotes et de problématiques qu’il soulève. « J’ai toujours un million d’idées, explique-t-il, Je puise dans tout, car tout me passionne, aussi bien l’actualité, l’histoire, la politique, la philosophie que les planctons. Je ne manque pas d’inspiration. »


Le scénariste est né à Nantes en 1971, mais il a grandi et vit dans le Sud-Ouest. Il est curieux, entraîné aux jeux de rôles et les bandes dessinées l’accompagnent depuis l’enfance. Il rencontre, à la fin des années 1990, deux musiciens dessinateurs, Roland Pignault et Fred Campoy, dans un bar où il travaille. Ils créent ensemble une première série, Little Big Joe (2001). Depuis, il a signé en tout trente-cinq 
albums. Son nom surgit dans les styles et les genres les plus variés. Dernièrement, dans Ma révérence, avec Rodguen, il surprend par une narration inclassable à travers les tribulations d’un looser, braqueur de fourgon improvisé.

Le Singe de Hartlepool, avec Jérémy Moreau, s’inspire d’une histoire vraie : le martyr d’un singe, unique rescapé du naufrage d’un navire français qui échoue sur les côtes anglaises pendant les guerres napoléoniennes. Un conte cruel sur l’ignorance et le racisme.

La série Azimut, avec Andreae, explose encore dans un autre registre, fantastique et loufoque, nourri par la philosophie de l’absurde, à la manière de Jonathan Swift et de l’esthétique anglo-saxonne du non-sens. Dans L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, avec Paul Salomone, il parodie le western en s’appropriant le débat sur le port d’armes aux États-Unis.

Réflexions sociales et politiques

Aucun genre n’échappe à ce narrateur infatigable qui jongle avec les techniques narratives et les thématiques, en abordant toujours un fond critique et des personnages attachants, décalés, révélés par un humour subtil, plein de poésie et d’intelligence, au gré des dialogues et des situations. « Les héros solitaires et leurs superpouvoirs, assoiffés de vengeance, jetés dans le monde pour combattre le mal et faire régner la justice me font peur. Je pioche au contraire dans les destinées des gens de la moyenne, de groupes le plus souvent.

Ce sont les aventures que vivent ces individus qui les rendent beaux, pas ce qu’ils sont au départ. » Les Vieux Fourneaux et Un océan d’amour, en sélection pour le Festival d’Angoulême cette année, consacrent une nouvelle fois son talent à des œuvres tout à fait à l’opposé.

L’une séduit par ses dialogues et sonne comme un hommage à Audiard. L’autre, muette, explore par la narration du silence une romance émouvante et une fable écologique sur l’océan.

Dans les Vieux Fourneaux, on suit une bande de vieux révolutionnaires issus de la génération d’après-guerre. La farce interroge la transmission et l’héritage de cette génération qui a fait 1968 mais qui a aussi sa part de responsabilité dans la situation actuelle.

« On a tendance à trop pardonner aux vieux », réplique Wilfrid Lupano avec malice.

À l’inverse, Un océan d’amour s’ouvre comme une boîte de sardines et déroule sans parole l’odyssée d’un pêcheur et d’une bigoudène, un vieux couple séparé par l’océan. Le merveilleux investit l’ordinaire le plus routinier. La voix des images se déploie dans les cases, portée par le dessin de Grégory Panaccione.

Mais toujours, que ce soit par la comédie ou la fable, en trame de fond, Wilfrid Lupano infiltre avec sensibilité ses réflexions sociales et politiques. « L’humour, c’est comme un cheval de Troie pour faire passer un message. La BD, par le biais d’un savant dosage de divertissement et d’avertissement, amène ainsi à réfléchir sur des sujets graves, avec la légèreté nécessaire pour atteindre un public plus large. Les exposés plus sérieux ou polémistes ne prêchent souvent que des convertis. »

C’est peut-être le secret de son art, dans lequel il excelle, en reflétant dans les cases des portraits d’une humanité qui fait rire et rêver, pour le bonheur de tous.

Les Vieux Fourneaux, Lupano et Cauuet, tome I et II, Dargaud. 12 euros chaque.

Un océan d’amour, Lupano et Panaccione, Delcourt. 224 pages. 24,95 euros.
Dernière mise à jour : ( 31-01-2015 )
 
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