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OBAMA A LA RECONQUETE DE L'AMERIQUE LATINE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean Ortiz   
14-12-2009

Les élections se succèdent en Amérique latine. D'ici à 2011, une quinzaine auront lieu. Désavoueront-elles ou ratifieront-elles les processus en cours, de souveraineté nationale et d'inclusion sociale ? La Bolivie, l'Equateur, l'Uruguay, ont récemment confirmé leur choix de gauche. Le continent reste un laboratoire et les Etats-Unis essaient d'y reprendre la main à travers une "nouvelle politique latino-américaine". En avril dernier, au Sommet des Amériques, le président Obama proposait au continent de "nouvelles relations". Durant sa campagne électorale, il s'était engagé à changer de politique cubaine.

A l'heure des premiers bilans, la Quatrième Flotte est toujours déployée dans l'Atlantique sud, le bagne de Guantanamo demeure, et Washington installe des forces d’élite sur sept bases militaires en Colombie. Un dispositif disproportionné et inadapté pour lutter contre le narco-trafic et qui vise en fait à encercler et déstabiliser le Venezuela. L'initiative a été sévèrement condamnée et qualifiée "d'agression" par la plupart des pays du continent. Au-delà de quelques mesurettes, notamment pour faciliter les voyages à Cuba des exilés Cubano-Américains, le blocus reste en place et sa levée conditionnellement liée à "la démocratisation du régime". Alors qu'il constitue un acte d'agression unilatéral, l'agressé devrait donner des gages et se rallier à la démocratie de marché. Plus clairement encore, le coup d'Etat militaire et oligarchique au Honduras a fait tomber les masques. Condamné mollement au tout début par Obama, il a été très vite soutenu en sous-main par Hillary Clinton. Pour le Département d'Etat, le Pentagone et la CIA, il fallait stopper la "vague populiste" et flanquer un avertissement aux peuples et à Caracas. Les médias exultent : « Chávez a perdu ».

Les idéologues néo-libéraux les plus influents du continent avaient vu juste. Deux intellectuels jadis de gauche, et aujourd’hui repentis, nous avaient mis en garde. Jorge Castañeda, ex-ministre mexicain des Relations Extérieures vaticinait : « Si quelqu’un pensait qu’avec l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche, les intérêts de Washington seraient modifiés, c’est qu’il connaissait mal l’histoire de la région[1]. Son compère, le romancier péruvien Vargas Llosa, annonçait : « ceux qui croyaient qu’Obama opérerait un changement radical de politique envers Cuba, savent déjà qu’ils se sont trompés […] ; quant à Chávez, Obama a été assez explicite en condamnant le caudillo vénézuélien, coupable de freiner, avec ses politiques, la modernisation de l’Amérique latine »[2]. L’Empire reste l’Empire, et la politique latino-américaine des Etats-Unis ne se décide pas à la Maison Blanche.

Au Sud, un nouveau cycle politique s’est ouvert, il y a dix ans, avec l’élection de Chavez, marqué par le recul de l’hégémonisme nord-américain, la quête d’une nouvelle indépendance, l’échec de la politique d’isolement de Cuba, le fiasco du projet stratégique de Zone de Libre Echange des Amériques, etc. L’Amérique latine a mis en place des structures d’intégration (UNASUR,…) sans les Etats-Unis. La poussée globale des luttes progressistes a modifié le rapport de forces. Le continent veut se doter d’une vision et d’un espace propres, autonomes, sans tutelle ni de Washington, ni de l’Union Européenne. L’ALBA promeut une intégration hors libre-échange…


Dans cette situation inédite, Obama cherche à rétablir le leadership et à redorer l’image détériorée de son pays. A l’option militariste de Bush, il oppose un impérialisme souriant, « intelligent ». L’objectif reste le même : garantir les intérêts des Etats-Unis et des multinationales, refouler les processus d’émancipation. Parallèlement à ce retour des Etats-Unis, on assiste à une contre-offensive des droites qui, à Santiago du Chili, à Bogota, à Lima, … se retrouvent dans cette politique nord-américaine, apparemment plus souple. Mais tout autant impérialiste. « Si nous ne pouvons pas contrôler l’Amérique latine, comment dominerons-nous le monde ? » (Henry Kissinger).


Jean ORTIZ,


Maître de Conférences.                               Voir la page de l'Humanité Dimanche


[1] El País, Madrid, 08/09/09.

[2] El País, Madrid, 25/01/09.

Dernière mise à jour : ( 14-12-2009 )
 
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