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Quand la culture latino-américaine déferle sur Pau Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Claude Larrodé   
28-03-2009
International - Article paru le 27 mars 2009

Monde


Solidarité . Le festival CulturAmerica clôt sa 17e édition, après deux semaines de conférences et de rencontres culturelles réussies.

Pau, envoyée spéciale.

« On ne joue pas avec notre avenir comme on joue en bourse. » Au fronton d’un amphithéâtre de l’université de Pau, le ton est donné. La 17e édition du festival CulturAmerica se clôt le 29 mars dans une « drôle » d’ambiance, lutte sociale oblige. Une atmosphère revendicative qui n’était pas pour déplaire aux organisateurs, dont les objectifs sont de « favoriser la connaissance des cultures et des civilisations latino-américaines et la solidarité entre les peuples », de mettre en lumière « les méfaits de la mondialisation néolibérale ». Alors, dans une université bloquée depuis cinq semaines, le concert de solidarité avec Cuba, invitée d’honneur à l’occasion du 50e anniversaire de sa révolution, a soulevé l’enthousiasme de 500 étudiants en grève.

Éclectique et hétéroclite, ce festival, porté à bout de bras par des rêveurs solidaires, avait attiré l’an dernier près de 30 000 participants sur quinze jours. Cette année encore, des conférenciers de renom ont croisé des artistes reconnus ou en devenir. Huit expositions décentralisées, des concerts, des projections de films s’y sont succédé.

La réalisatrice costaricaine Ishtar Yasin est venue présenter un film pudique et intimiste sur le périple de deux enfants nicaraguayens partis à la recherche de leur mère au Costa Rica. Un drame de l’immigration et de l’exploitation sexuelle où « le grand paradoxe », dit Ishtar Yasin, se révèle au grand jour : « Le plus fort profite du plus faible alors qu’il devrait l’aider. » Le festival a également accueilli des rencontres littéraires, avec le Mexicain Enrique Serna et le poète haïtien Jean Metellus, dont les écrits « doivent aux Haïtiens, aux Antillais en général et aux Africains en particulier. Des dettes vis-à-vis de tous », confie-t-il.

Touche de ce festival atypique : son caractère pédagogique, avec une trentaine de projets qui permettent à près de 3 000 élèves du secondaire de découvrir, avec les invités présents, un continent hier encore délaissé et qui, aujourd’hui, relève la tête.

« L’Amérique latine n’a pas seulement été le berceau du néolibéralisme, mais son paradis. […] Ce système a consolidé le recul de ce continent », a souligné le sociologue brésilien et fondateur du Forum social mondial, Emir Sader, devant une assistance de plus de 200 personnes. Mais « la taupe » - entendez la résistance - n’a jamais cessé. Désormais, la gauche est au pouvoir dans une majorité de pays. Une gauche « différente mais qui travaille à l’unité », a pris soin de préciser le chercheur. « L’Amérique latine donne une vision différente avec une intégration différente », a-t-il expliqué en insistant sur le rôle de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, l’ALBA, un espace où chaque pays membre apporte aux autres ce qu’il possède de meilleur. Une idée radicalement opposée à celle de l’intégration par le libre-échange, la concurrence et le commerce.

Les médias régionaux ont censuré ce festival militant. « Pourtant, le militantisme est la nature même de l’Amérique latine », explique Jean-Louis Gout, président de l’université de Pau et des pays de l’Adour. « Cette université a toujours eu des yeux de Chimène pour ce continent. Les conférences sont de grande valeur car elles invitent à réfléchir sur les évolutions en cours », poursuit-il.

S’il ne lui fallait retenir qu’une seule des multiples rencontres, le président de CulturAmerica, l’universitaire Jean Ortiz, en avance une : la messe de la solidarité, célébrée par deux prêtres inspirés par la théologie de la Libération, devant 500 personnes dont « beaucoup de jeunes d’origine immigrée ». Une messe au cours de laquelle Jean Ortiz y est allé de son prêche : « Je ne sais qui est Dieu mais je sais qui est le diable qui affame les peuples, a-t-il déclaré. Les maîtres du monde sont le problème ; nous, le peuple, nous sommes la solution. C’est le partage du pain ou la barbarie. »

Les étudiants ont voté, mercredi, la levée du blocage de l’université. Les organisateurs, eux, planchent déjà sur la 18e édition, qui coïncidera avec l’année des bicentenaires d’indépendance des nations latinos. Allez savoir, tout bouge, à l’image de ce continent en ébullition et de ce festival d’utopistes décidément bien éveillés.

Cathy Ceïbe

Dernière mise à jour : ( 28-03-2009 )
 
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