Skip to content

CulturAmérica

Narrow screen resolution Wide screen resolution Auto adjust screen size Increase font size Decrease font size Default font size default color cyan color green color brick color light color

On parle du Che

Che Guevara

Chanson sur le Che

Accueil arrow Nouvelles arrow Amérique Latine arrow Bolivie, communiqué de presse
Bolivie, communiqué de presse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Claude Larrodé   
25-12-2008
Conférence de presse ITEI – EATIP
Sucre le 16 décembre 2008
Fédération Unique des Travailleurs des Peuples Originaires de Chuquisaca

Communiqué de presse

L’Institut de Thérapie et de Recherche sur les séquelles de la Torture et de la Violence d’Etat (ITEI), en réponse à une demande de la Fédération Unique des Travailleurs des Peuples Originaires de Chuquisaca, a réalisé, en collaboration avec deux experts de l’Equipe Argentine de Travail et de Recherche Psychosocial (EATIP), une première  évaluation de l’état physique et psychique des personnes affectées par les agressions brutales subies dans la ville de Sucre le 24 mai 2008. Ce projet a pu être réalisé grâce au soutien financier du “Fonds des Contributions Volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture” et par le “Conseil International pour la Réhabilitation des Victimes de la Torture” (IRCT) dont le siège se trouve au Danemark.

Rapport préliminaire:

Le groupe d’intervention a offert des soins médicaux et psychologiques à un total de 72 personnes (hommes: 47, femmes: 25) dans les localités de :

Hommes:                Femmes

11     Sucre                8     Sucre
20    Zudañez            5    Zudañez
13    Redención Pampa        11    Redención Pampa
3    Icla                1    Icla





Les personnes affectées le 24 mai 2008, en majorité des membres d'autorités paysannes, rapportent qu’elles étaient arrivées à Sucre, capitale du Département de Chuquisaca, pour recevoir des ambulances destinées à leurs régions et qui devaient leur être remises ce jour-là par le Président de la  République, Evo Morales Ayma, lors d'un acte public dans le Stade « Patria ». C’est à cette occasion que ces personnes furent interceptées par un groupe important d'individus qui s’attaquèrent violemment à elles.

Les effets furent les suivants : Un nombre important de ces personnes ont reçu des coups dans les parties sensibles du corps, en particulier à la tête, des coups de pieds et de poings, ont été frappées à coups de bâtons, de gourdins, de pierres, on a usé contre elles d’explosifs comme la dynamite et des pétards et il y eut aussi des cas de violence sexuelle. La plupart ont été menacées de mort et quelques-unes ont failli perdre la vie. Dans tous les cas, il y eut des insultes humiliantes. On leur a volé de l’argent et autres biens comme des téléphones portables, des carnets d’identité et autres documents, leurs ponchos... Les paysans qui s’étaient réfugiés dans une maison de l’Abra (quartier de Sucre) et qui furent obligés de sortir de celle-ci durent passer par le « callejón oscuro » recevant des coups de poings et de pieds, des insultes. Ils durent enlever leurs sandales, puis dénuder la partie supérieure de leur corps, dire des phrases humiliantes et contraires à leurs convictions et s’agenouiller sur la Place du 25 Mai. Leurs symboles culturels comme leurs ponchos et la  wiphalas furent brûlés.

Les séquelles tant physiques que psychiques ont perduré pendant des mois à un degré important, en raison de  la gravité des dommages et/ou au manque de soins médicaux et psychologiques. Un nombre important des personnes affectées n’ont pas pu se remettre du trauma souffert. Toutes les personnes affectées ont exprimé une ferme volonté que justice se fasse et elles demandent une réparation morale, afin d'être rétablies dans leur dignité d’êtres humains.

Des examens médicaux de 41 personnes affectées physiquement ont été réalisées:

37 souffraient de traumatismes de nature diverses comme:
traumatisme crânien, dans certains cas avec perte de conscience et convulsions qui ont persisté, dans un cas durant un mois, céphalées persistantes avec photophobies.
symptômes compatibles avec une perforation du tympan (hypoacousie, acouphènes et vertiges)
blessures par coupures au visage, au cuir chevelu, qui ont nécessité des sutures et qui, dans de nombreux cas,  n’ont pas reçu l’attention adéquate. Dans un cas, nous avons du enlever des points de suture à presque 7 mois des événements.
brûlures de pétards qui ont affecté le visage, les membres et autres parties du corps, qui dans aucun cas n’ont bénéficié du suivi médical adéquat.
traumas thoraciques avec possible fracture sternal et lésion thoracique
traumas dans la zone lombaire avec hématurie de plusieurs jours
séquelles de traumas abdominaux avec des douleurs au cours de l’examen (après tout ce temps passé)  
douleurs des articulations, post contusions
amaigrissement dans de nombreux cas et pour certains sous forme préoccupante, dont l’évolution peut-être à la limite létale faute d’un traitement adéquat.
 
Au niveau psychique: Un nombre important des 72 personnes souffre de ce qu’on nomme le « syndrome de Stress Post-traumatique ». Celui-ci est caractérisé par la présence de cauchemars, insomnies, effrois, nervosité, peur paralysante (beaucoup n’ont pas pu retourner dans la ville de Sucre pour récupérer leur carnet d’identité, pour étudier etc.), tendance à l’isolement, problèmes de concentration et de mémoire, états dépressifs, difficulté de mener à bout leur travail, problèmes relationnels, changement de la personnalité. Des familles entières ont été ainsi affectées.

Parallèlement, beaucoup de personnes concernées ont exprimé que ce qu’ils ont vécu le 24 mai a renforcé leurs convictions et la nécessité de continuer à lutter pour leurs droits.

L’ITEI avec l’appui de l’EATIP s’engagent à rédiger un rapport exhaustif pour l’année prochaine.  
Ce qui est arrivé le 24 mai à Sucre nous préoccupe, nous rend honteux et nous peine profondément, comme professionnels et comme personnes. Nous sommes ici parce que nous nous sentons identifiés dans la défense inconditionnelle des droits des peuples, ce qui inclut le respect des différences ethniques, culturelles et de classe.
Que ces actes de violence raciale et de discrimination se soient produits dans la capitale de la Bolivie nous a fortement frappés, car nous considérons que sa vocation devrait être intégrative et non de division et d’exclusion. Nous espérons que notre rapport servira à ce que de tels actes ne se reproduisent plus jamais.
Nous ne pouvons accepter que les intérêts partisans, politiques et économiques soient placés au dessus des droits fondamentaux des êtres humains.
Nous espérons que l’impunité sera définitivement éradiquée et que justice sera faite.
Mémoire, vérité et justice sont des principes fondamentaux qu’il faut soutenir pour la construction d’une nation avec un véritable avenir.

L’Institut de Thérapie et de Recherche sur les séquelles de la Torture et de la Violence d’Etat (ITEI)

L’Equipe Argentine de Travail et de Recherche Psychosocial (EATIP)

Sucre, le 16 décembre 2008

 HYPERLINK "mailto: Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir " Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

http//www.itei.org.bo



 C’est une double colonne humaine au milieu de laquelle les personnes passent et sont rouées de coups.
 Drapeau national des peuples autochtones






 
< Précédent   Suivant >

Nouvelles Menu

La Despedida

Mapa Teatro La Despedida Mardi 05 décembre 20h30 Théâtre Saragosse Tarif plein 22€ / adhérent 18€ / réduit 14€

Bulletin d'adhésion

Nous soutenir

Presse Amérique latine

La Jornada (Mexique)

Página 12    (Argentine)

Ciudad Caracas  (Venezuela)

 

Statistiques

Visiteurs: 1989833